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Steve Jobs : sa création, sa vision, ses conseils

Posted on 11 septembre 2013 by Ghost Reporter

« Pensez que vous êtes immortel et que vous pourrez tout faire. Penser que tout est possible. Ne mettez aucune limite.» En cette rentrée 2013, riche en actualités autour d’Apple entre le film Jobs et la dernière keynote présentant les deux nouveaux iPhone 5S et 5C, Ghost Reporter s’est entretenu avec le grand créateur de la marque.

Ghost Reporter : Qu’avez-vous pensé du film Jobs ?

fortuneSteve Jobs : Le film n’est pas dans l’optique d’un film sur moi mais d’une réussite anéantie pour montrer la difficulté de faire le lien entre la valeur de la création et le business. Et moi je n’ai pas été entendu dans le film. Avez-vous l’impression que ma voie ait portée ?

G-R : Pas suffisamment. S’il devait s’agir d’un film parlant de vous, qu’aurait-il montré de vous ?

S-J : Ce que je veux que les gens sachent, c’est que je n’ai en rien la volonté de montrer au monde qui je suis. Je voulais être caché derrière l’œuvre. Il n’y a que comme cela que cela peut prendre une vraie place. Et j’ai raté mon coup. J’ai été montré comme une bête de foire, je me suis pris à mon jeu. Et cela, j’aurais aimé que cela soit montré. Le lien entre l’œuvre et l’artiste. Car oui, c’est comme cela que je me présente. En tant que créateur d’une oeuvre et non un industriel. Je n’ai pas répondu à une demande, n’est ce pas ? J’ai donné ma vision du monde, n’est ce pas ? Alors c’est cela que j’aurais aimé que le film montre. Et non ma faillite ou mon succès ou mon caractère, cela n’a aucune importance.

« JE N’AI PAS REPONDU A UNE DEMANDE (…) J’AI DONNE MA VISION DU MONDE »

G-R : Parlez nous de votre création.

S-J : J’ai mis des années à faire naitre en moi la volonté de produire l’idée de ma transformation par mon œuvre. Cela a été une longue lutte. Et ce que j’ai compris, c’est que cela se ferait dans le lien avec les autres, le plus concret possible. Le jour où je l’ai compris, l’énergie de la créativité a jailli. A tel point que je ne pouvais arrêter le flot des pensées et des envies. Tout cela écrasait tout sous son passage. Je n’avais qu’une envie c’était de sortir de moi la chose et de la matérialiser. Aucune contrainte, aucun retard, aucune contradiction ne pouvait supplanter l’envie de voir la chose se produire. Vous comprenez, c’est comme une drogue. Au lieu d’absorber pour être dans une dynamique il fallait que je sorte de moi pour être dans cette dynamique. Et c’était une énergie vertueuse : plus elle s’exprimait, plus elle en demandait. Mais qui comprenait cela ?

G-R : Avez-vous eu l’impression d’être incompris ?

S-J : Oh oui, sans cesse et même maintenant. Je ne peux exprimer pourquoi, car je l’ai exprimé par mon œuvre. Et c’est cela qui doit rester de moi. Le reste, les films, je m’en fous. Je ne suis pas le porteur d’une vérité. Lisez mes notes comme vous le voulez, ce n’est pas là que je suis.

G-R : Lors de votre phase de création, aviez vous conscience du lien émotionnel qui allait se développer entre l’homme et l’objet ?

S-J : Oui, bien sûr car ce qui a été construit, c’est le lien de l’homme à lui-même. C’est le lien qu’il a de comprendre ses capacités par la machine. Alors il ne peut que l’aimer car c’est lui, il se reconnait dans la machine.

G-R : Comment expliquez-vous l’addiction de certains consommateurs vers les produits Apple ?

S-J : Si tu parles d’addiction, c’est que tu n’as pas compris ce que j’ai dit plus haut. C’est l’extension de lui-même qu’il aime. Et la manière dont je concevais cela était dans une approche sensorielle, naturelle, sensuelle de lui-même. Si je te construis un nouveau bras qui attrapera plus loin, l’aimeras-tu s’il est laid ?

timeL’HOMME SE RECONNAIT DANS LA MACHINE, C’EST UNE EXTENSION DE LUI-MEME

G-R : Dans quelle source puisiez-vous votre inspiration ?

S-J : Il y a une source, celle de l’homme, celle que je connais et celle dans laquelle tu es. Il n’y en a pas d’autre que celle que tu peux connaitre. Si tu ne la sens pas alors pense que tu n’es pas là où tu es mais partout et tu sentiras cela. C’est pour cela que je dis que c’est la source de l’homme car c’est tout ce qu’il connait. Alors va prendre cela en toi si tu veux comprendre. L’expliquer n’est pas possible. Si tu es dans la source de l’homme, tu atteins tout ce qui est l’homme et tu as accès à tout.

G-R : Le faisiez-vous en conscience ?

S-J : Oui, je trouvais les moments pour le faire souvent. Parfois le matin, parfois en une fraction de seconde, parfois dans mon jardin. Tout était prétexte à aller y puiser. Un va et vient continu qui m’a fait aiguiser ce que vous nommez intuition mais qui n’est que l’accès à ce qui est.

G-R : Qu’avez vous appris durant la période de césure de 1985 à 1997 ?

S-J : J’ai appris que rien ne me ferait stopper ce que je voulais créer et j’attendais mon heure. Pourquoi penses-tu que je ne pouvais développer ailleurs ? Que j’étais trop con ? Non, je savais que j’allais revenir et pour cela j’ai du faire une retraite pour me libérer de cette lutte forte. J’ai pris du recul en tant qu’homme mais pas en tant que créateur. Là, la roue est partie comme si elle ne s’était jamais arrêtée. En tant qu’homme, ce que j’ai appris n’a pas d’importance car mon cas est trop particulier pour que quiconque puisse en tirer une leçon pour lui et je ne souhaite pas parler de mon intimité.

G-R : Que pensez-vous d’Apple et de ses produits maintenant ?

S-J : Ce qui est fait maintenant est maintenant et je ne suis plus le créateur, tu comprends. Penses-tu que j’ai envie d’y porter mon choix en dehors de ce que je peux créer ? Puisque je ne peux créer, cela ne m’intéresse plus. Je ne reviendrai, pas n’est ce pas ? Mais en général, l’ego que je maudissais est plus présent encore, dans les hommes et les produits. Enlevez l’ego et repartez vers le consommateur. Ce sera plus créateur.

G-R : Pensez vous que la marque est autocentrée ?

S-J : Oui, et elle ne va faire que se reproduire et se répliquer. Il faut ouvrir.

G-R : Quels conseils donneriez-vous aux créateurs du monde entier ?

S-J : Je donnerais un conseil, pensez que vous êtes immortel et que vous pourrez tout faire. Penser que tout est possible. Ne mettez aucune limite. Et ce que vous envisagez dans cette vastitude, ramenez-le en vous et méditez. Sinon, rien d’autre que de revenir en soi et s’ouvrir. Si c’est un créateur, il comprendra, si cela n’en est pas un, il ne pigera rien à cela.

Propos recueillis par Ghost Reporter

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