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See you around, Dex’ & Deb’

Posted on 2 avril 2013 by Vida Marko

C’est avec tristesse que dernièrement je me mis à jour de l’ensemble des saisons de Dexter. Ayant découvert la série sur le tard en VOST, je fus prise d’une passion inquiétante pour le serial killer si bien que j’aie littéralement avalé les sept saisons en deux mois.

Une fois commencé, je ne pouvais m’arrêter. Pour des raisons artistiques, je m’intéresse depuis quelque temps à la psychopathie et Dexter me semblait un excellent cas d’école. Je pris des notes dés les premiers épisodes puis me laissa aller dans les méandres de la psychologie du personnage à tel point que je rentrai en empathie avec lui.

Je ne pus prévoir à quel point la résonance avec mon être était forte, résonance qui me fut prouvée lors d’un rêve où j’aidais Dexter à le débarrasser d’un cadavre. Le lendemain : honte, culpabilité, incompréhension. Qui suis-je ? Nausées. Gastro. Bien fait, m’étais-je dit.

Bonne question : Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? Qu’est-ce que l’humain ?

Nous faisons tous des rêves violents. Bains d’acide pour les uns, ragoûts d’humains pour les autres. Des éclatages de têtes contre le mur. De viles intentions incestueuses d’un jeune homme envers sa mère. Ou encore l’avortement d’une petite sœur dans le ventre de sa maman. D’autres se grattent jusqu’au sang ou donnent des coups.

C’est ce que me révélèrent de passionnantes discussions à bâtons rompus avec mes semblables. Par semblables, j’entends « êtres humains »  et non aspirants serial killers. Ou alors, je vous prie de bien vouloir me donner des conseils avisés afin de mieux m’entourer.

Mais si vous le faites, attention, je vous traiterais d’hypocrites. Que celui qui n’a aucune noirceur en lui me jette une pierre sur le crâne, ce qu’il, normalement, se garderait bien de faire. Vous seriez des anges terrestres mais certainement pas des êtres humains. Ou alors des êtres humains prétentieux. Et à en juger l’état de notre monde, les pulsions violentes sont bel et bien des pulsions humaines.

Simplement, la différence réside dans le degré de maîtrise de ces pulsions. Mais elles existent en chacun de nous. Alors pourquoi ne pas accepter ce fait ? Nous nous en porterions bien mieux. Fini ce dualisme entre le bien et le mal, ce jugement que l’on porte sur soi-même et sur les autres.

Dexter se sent libre d’exprimer ses pulsions qu’il maîtrise jusqu’à un certain point. Les ayant récemment découvertes, sa sœur Debra, se voulant droite dans ses bottes, les juge, les fustige. Elle accuse son frère envers qui elle porte d’ailleurs un amour incestueux et coupable, son frère à qui elle finit par demander d’exécuter une meurtrière.

« What does that make me be ? » demande-t-elle tremblante et sanglotante alors qu’elle réalise ressentir un sentiment de bien-être suite à l’exécution d’un meurtrier particulièrement redoutable par son frère chéri.

Finalement, on découvre la noirceur de Debra grâce à ses émotions non appropriées selon les critères sociaux. On découvre aussi un Dexter capable de ressentir des émotions plus « humaines » et socialement acceptables.

Par exemple, il renonce à poignarder Hannah McKay, ce qui revient à abandonner ses pulsions meurtrières, lorsque sur sa table de travail, elle lui lance : « do what you gotta do ». Oui fais le, tue moi chéri, je t’accepte tel que tu es. Il n’en faut pas plus pour faire craquer le serial killer qui libère sa proie pour lui faire passionément l’amour. Une scène d’un érotisme époustouflant.

Y a-t-il en chacun de nous, un Dexter et une Debra ? Non ? Avez-vous consulté les chiffres d’audience dans le monde entier ? Un tel succès ne peut se produire sans une résonance forte en chacun des téléspectateurs.

La série n’aurait jamais vu le jour sans cette étrange fascination que nous éprouvons pour Dexter. Heureusement Debra est là, garante de la bonne morale (moins vrai pour la 7ème saison) pour nous taper sur les doigts et nous cracher ses « fucking » à chaque phrase, et par là-même atténuer notre intérêt coupable pour Dexter, ou notre noirceur.

Dexter et Debra sont les deux faces de notre propre être, les deux faces de notre monde et je les remercie de me les montrer en moi et autour de moi.

See you soon, Dex’ & Deb’, very soon…

Vida M.

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