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Schizo Stories: Dr Guitare // Episode II

Posted on 22 mai 2013 by Jean Art

Nous voilà en juin 1998, j’ai bientôt 17 ans, c’est la fin de l’année scolaire et je signe un papier pour quitter l’école pour toujours. C’est pas cool parce que ça me donne encore plus de temps pour voler mais en revanche, encore plus de temps pour apprendre la guitare avec mon nouveau pote Ouali.

J’arrivais tous les jours vers midi et repartais vers 19h, quand sa femme rentrait. Elle travaillait beaucoup, lui était trop malade, c’est elle qui faisait tourner la maison donc je voulais la laisser tranquille.

J’étais quand même jeune pour traîner avec un homme de son âge, elle trouvait ça bizarre au début, mais elle était pour le partage, elle avait aussi vécu dans des squats hippie. Ils étaient ensemble depuis leur adolescence.

J’avais par contre un peu mal au cœur quand Ouali lui demandait de lui laisser un chèque sans montant car il voulait faire un tour à Pigalle histoire de s’acheter quelques instruments. Faut dire qu’il aimait tellement la guitare. Je l’ai vu en acheter une au mec de la nièce de sa cousine parce qu’il avait entendu dire que ce type, qu’il ne connaissait même pas, voulait en jouer.

On a passé tout notre temps à jouer de la guitare, sauf qu’il n’était pas content que je monte déjà sur scène avec mon groupe.

Ouali:  » Non, tu ne peux pas faire ça! Tu ne connais pas encore ton solfège! Et il te faut une grille d’accord qui soit carrée! »

Il était trop hippie et avait oublié que la révolution Punk nous a permis de monter sur scène, qu’avec deux accords et un bon refrain on pouvait faire des chansons puissantes. Je suis fan de Nirvana, j’ai plutôt choisi ce chemin.

Le jour où je lui ai ramené mon premier album, il s’est excusé en me disant que c’était un con qui se prenait tellement pour un Dieu de la guitare, qu’il s’était retrouvé à jouer tout seul chez lui, en reprenant même la guitare depuis le début.

Il m’a fait bosser la guitare, j’avais vraiment envie d’apprendre parce que je me souviens qu’il m’a fait improviser des chorus de guitare sur des live de Youssou’N Dour où les morceaux duraient 15 minutes. C’était un hippie, il avait quand même le trip musique du monde. Tout ce que je déteste. Mais fallait bien apprendre.

Il savait que je n’avais pas un rond et il avait besoin de faire des travaux chez lui. Entre 1999 et 2000, il me payait tous les jours en échange de travaux domestiques. La plupart du temps, il me disait d’arrêter et de rester avec lui, que je serais quand même payé.

Je me souviens qu’un weekend, il est revenu un peu embarrassé. Il avait décidé d’emmener ses deux nièces de sept ans à un concert des Deep Purple. Il s’était fait passer un savon parce qu’elles y avaient attrapé la jaunisse. Il voulait partager la musique rock, il aimait ça, mais maladroitement parfois. Il avait 51 ans à ce moment là.

Cette histoire de travaux domestiques a duré un an, jusqu’au jour où vers midi, il avala deux petites pilules en buvant son café. Je le voyais souvent prendre des médicaments pour son cœur, mais c’est vrai que ce jour là, il avait l’air d’y faire plus attention à ces « médicaments ». Une fois avalés, il me dit qu’il est tombé sur un de ses vieux potes qui lui a refilé deux ecstasy et un LSD, et qu’il vient de les prendre.

Un mois après c’était fini. J’arrive chez lui et il refuse de me faire entrer.

Ouali: « T’es de la police. Je ne veux pas de la police chez moi. Je suis un homme sans histoire moi. »

Moi: « Mais Ouali c’est moi, Jean Art! »

Ouali: « Non vous êtes de la police! Je le vois à votre boucle de ceinture. C’est votre plaque de policier, je connais l’astuce. »

Je comprends rien à l’histoire et j’appelle tout de suite sa femme. Elle me dit que depuis quelques jours ça ne va plus, qu’il dort avec une hache à côté de lui, qu’il est devenu encore plus parano que d’habitude.

J’attends une petite heure et j’y retourne parce que je m’inquiète, et le voilà qui m’ouvre comme si rien ne s’était passé.

Mais ça s’est aggravé, même devant sa femme et moi il ne se contrôlait plus.

Ouali: « Je suis recherché par toute la police du monde pour pédophilie mais c’est une couverture. Ils veulent m’avoir parce que je détiens le Graal (très à la mode à son époque). Je détiens le flambeau de la vie alors ils me veulent. Ils ont mis des caméras dans mon plafond. »

Sa femme me regardait, gênée parce que j’étais jeune et que c’était étrange d’entendre ça.

Moi: « C’est du bois, si tu veux je te démonte le plafond et on regarde. »

Ouali: « Ça servirait à rien! C’est des caméras organiques. »

Les hallucinogènes puissants comme le LSD, se transforment en graisse qui reste dans le cerveau durant une longue durée et peut se réveiller à tout moment.

Est ce que c’est le fait d’avoir repris des drogues dures après 20 ans d’abstinence?

La suite prochainement…

JEAN ART

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