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Le retour de Twin Peaks, 25 ans plus tard

Posted on 22 octobre 2014 by Vida Marko

Personne ne l’attendait vraiment mais à bien y repenser, la fin de la saison 2 de Twin Peaks repose sur un sacré cliffhanger.

En effet, on peut se demander comment l’agent Dale Cooper vit-il sa possession? Et Bob, que devient-il depuis tout ce temps?

Et il y aussi cette promesse de Laura Palmer faite à l’agent Cooper lors de l’un de ses délires oniriques: I’ll see you again in 25 years. Pourtant, les fans étaient à des années lumière d’imaginer caresser même l’espoir d’un suite de la série 25 années plus tard, étant donné son brusque arrêt faute d’audience et au bord de l’essoufflement.

Voici l’extrait en question avec la si douce et délicieuse Laura Palmer:

Le spectateur peut apprécier la vue de cette charmante lycéenne au cours des deux premières saisons, soit morte dans un sac en plastique, soit dans la Black Lodge (cf vidéo), sorte de dimension hors de l’espace et du temps dans laquelle l’agent Cooper se ballade à la recherche d’informations pertinentes afin de résoudre le mystère de son meurtre.

On peut également la voir en vie cette fois, dans le film Twin Peaks: Fire, walk with me réalisé par David Lynch et sorti en salles en 1992, un préquel qui nous permet de mieux comprendre ce mystère. Comment Laura Palmer est-elle morte? Que s’est-il passé dans la tête du meurtrier?

Twin Peaks ne se limite pas qu’à une simple enquête policière menée par un agent du FBI et le shérif de cette petite ville sans histoire. La série va beaucoup plus loin en décrivant l’impact de ce meurtre d’une violence inouïe au sein de la communauté.

Que dit le meurtre de Laura Palmer sur les habitants de Twin Peaks? Quels sont ses enjeux au niveau collectif?

Dans la série, nous voyons des personnages vivant dans une petite ville entourée de forêts humides située dans l’état de Washington près de la frontière du Canada. Ces personnages sont d’une gentillesse exquise et d’une forme de naiveté touchante telles qu’on se les imagine si on se réfère aux clichés sur les « gens de province ».

L’agent Cooper y débarque dans son élégant costume et, muni de son magnétophone, il décrit à l’attention de Diane – une assistante fictive que l’on ne voit jamais – des gens simples et bons avec le ravissement typique des citadins stressés qui soudainement découvrent un autre monde; monde dont la félicité est soudainement troublée par la violence. Ainsi, l’agent du FBI se donne pour mission de rétablir l’ordre et la quiétude de ces habitants dont il s’attache jusqu’à ne plus les quitter.

Mais ces habitants, tout comme lui, cachent derrière une façade lisse et polie son lot de névroses qui, selon les personnages, vont de la simple insatisfaction ou du simple ennui – compréhensible dans un coin si paumé et loin de tout – vers une effroyable noirceur que portent certains.

SOUS LE VERNIS, LE MOISI

Sous cette dualité, Twin Peaks apparait au choix comme un condensé de l’Univers ou comme une extension de l’être humain avec tous ses reliefs et bas-fonds, représentant le Bien et le Mal luttant l’un contre l’autre et coexistant à la fois. Ce concept s’exprime également dans l’utilisation des décors qui confronte la civilisation – et ses actes en conscience – incarnée par la ville et ses habitants, avec sa partie cachée – ses désirs et ses peurs inconscients – incarnée par la forêt sombre et inquiétante souvent filmée de nuit.

Dans cette forêt-là, s’y déroulent des disparitions et agressions en tous genres. C’est dans cette forêt, au beau milieu d’une clairière, que l’agent Cooper peut se frayer un accès physique à la Black Lodge. En ce lieu irréel, David Lynch y déploie tout son talent pour donner une voix à cette face cachée des personnages, l’inconscient de l’agent Cooper mêlé à l’inconscient collectif de la ville de Twin Peaks (cf vidéo plus haut de Laura Palmer).

Pour finir, on peut se souvenir avec plaisir et nostalgie du personnage de la femme à la bûche, vivant dans cette forêt, une femme misanthrope ayant accès à une forme de connaissance universelle grâce à sa bûche qu’elle tient constamment dans ses bras. Chaque épisode, elle délivre ses messages sages et énigmatiques juste avant le générique. Exemple ci-dessous:

L’actrice, contactée récemment par la production Lynch/Frost, nous informe que la bûche a bien été conservée toutes ces années à l’abri de l’humidité, et que cette bûche aura plein de choses à nous dire…

D’ailleurs, on peut même encore s’interroger: qu’est-ce que Twin Peaks a encore à nous dire, 25 années plus tard?

Vida Marko

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