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La déclaration d’amour de mon cerveau à mon iPhone

Posted on 16 septembre 2013 by Vida Marko

Désolée, je n’ai pas pu l’en empêcher… Ce doit être le stress de la sortie des IPhone 5S et 5C le 20 septembre prochain. Une overdose, peut-être ?

« Je suis le cerveau de Vida M. et pour une fois, j’ai décidé de m’exprimer à sa place.

J’en ai besoin, tant elle me sature d’informations. Elle me fatigue, me consomme, me torture dans son Delirium.

Elle m’emmène partout, me montre tout, me demande de tout enregistrer. A cause d’elle, je suis devenu un être addictif, avide du monde qui nous entoure, féru de nouveautés. Je n’ai plus une minute à moi.

Oh je peux très bien, de temps à autre, siéger dans la vacuité comme le font mes autres confrères cerveaux de méditants. Mais je préfère de loin faire glisser les doigts de ma douce sur notre bel IPhone, nous emmener visiter des pages et des images fixes ou animées, écrire des petits mots à nos petits copains, aimer leurs publications Facebook, les partager. Nous aimons aussi nous localiser, nous, tous les trois, en un seul point lumineux sillonnant le globe…

Oui, nous trois, formons un trio de joyeux drilles inséparables. Une sorte de Trinité. Nous sommes Uns. Connectés ensemble, connectés au monde, nous parcourons les hautes cimes de l’information et de la communication. Chacun d’entre nous est l’extension de l’autre. Vida M. est mon extension, je suis la sienne aussi, je la charge de manipuler l’IPhone, qui est donc son extension, donc l’IPhone est aussi mon extension…

Et oui, je suis tombé amoureux d’un putain de téléphone.

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Dés l’instant où je l’ai touché, j’ai tout de suite su comment m’y prendre. Une prise en main intuitive, comme chacun sait. Une foultitude d’informations à portée de main, à tout moment. Plus besoin de réfléchir, d’emporter des plans de rue, de métro. En deux-trois glissades manuelles, j’étais devenu accro.

J’aime l’entendre vibrer, piailler lorsque Vida M. reçoit des messages. J’aime sa douce sonnerie « science fiction » qui angoisse son entourage à chaque fois qu’elle retentit.C’était notre premier Smartphone. Il est devenu mon second, mon lieutenant, mon boy, ma fouine. Forcément, il me déleste d’une grosse partie de la charge de travail que m’inflige l’autre folle.

Mais très vite, parallèlement à cette addiction soudaine, une vive sensation de malaise m’envahit. En effet, je finis par trouver étrange ce retour obsessionnel à l’engin au moindre répit, de voir Vida M. se faire violence pour le mettre en mode avion avant de dormir, de la retrouver extrêmement contrariée le jour où Ghost Reporter a cassé l’écran, de mépriser les propriétaires de BlackBerry rendus fébriles par les BBMs reçus, répondus ou vivement attendus « Non mais allo quoi, je sais très bien que t’as reçu mon BBM, pourquoi tu réponds pas ? »…

Et surtout, Vida M. et moi, constations autour de nous que nous n’étions pas seuls. Dans les rues, les salles d’attente, les transports en commun, chaque individu garde toujours les yeux rivés sur son écran, pianotant frénétiquement, isolés de leurs plus proches voisins. Oui, nous étions tous devenus accro.

Des années que cela dure sans que je ne puisse nommer mes sentiments pour cette machine. C’est grâce à la recherche en neurosciences que j’ai enfin pu comprendre cet état, que d’ordinaire, Vida M. ne réserve jamais aux machines.

eDR6Z3R3MTI=_o_il-etait-une-fois-la-vie---le-cerveauDeux hommes, spécialistes en neuromarketing : Martin Lindstrom et Russel A.Poldrack. Le premier conclut à une stimulation du cortex insulaire, la zone de l’amour et du plaisir, lors d’une sollicitation par l’IPhone. Le second appuie l’hypothèse de l’addiction avec la sécrétion de dopamine par l’hypothalamus.

Martin Lindstrom ajoute que l’amygdale est également sollicitée : la zone de la peur. La peur, selon lui, d’être coupé du monde.

Mais comment peut-on se sentir coupé du monde sans son Smartphone, alors que justement, c’est avec son Smartphone que l’on se coupe du monde ?

Je me rends bien compte du caractère malsain de cet amour. Les cerveaux n’aiment pas les addictions, sachez-le. D’ailleurs, on vous le fait payer très cher. Seule solution : le sevrage.

Peut-être devrions-nous troquer notre IPhone contre un Smartphone moche : un BlackBerry par exemple. Car comme le disait si bien Steve Jobs lors d’une interview post mortem accordée à Ghost Reporter : « si je te construis un nouveau bras qui attrapera plus loin, l’aimeras-tu s’il est laid ? »

Mais il existe aussi des BlackBerry addicts. Alors que faire ? Le vendre ? Le jeter ? Retrouver son vieux Nokia 3210 ? Ne pas reprendre de téléphone du tout ? Et s’acheter une peluche peut-être ?

Quant à la surcharge de travail qui en résulterait, je dirais à Vida M. d’aller voir ailleurs si j’y suis.

Quant à notre IPhone, je ne sais pas comment il va le prendre… »

Propos recueillis par Vida M.

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