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Est-ce que la vie que je vis me ressemble ?

Posted on 9 octobre 2013 by Christ-On

Ce qui me vient immédiatement à l’esprit est un tout autre questionnement qui vient quelque peu contrecarrer la réflexion proposée, fonctionnant comme l’inversion de l’interrogation première : à qui pourrait bien ressembler cette vie que je vis ?

Car finalement, qui suis-je si ce n’est ultimement, « ce par quoi je sais que je suis? »… Ce goût de soi qui me fait dire « je suis » et ce souffle vital qui l’anime.

À 47 ans, « cela par quoi je suis » demeure pour moi un mystère total dont je ne peux finalement rien dire : l’être en vie et en conscience. La présence.

Reste cette fameuse personnalité qui s’est construite, demeure et s’exprime, et avec laquelle j’essaye de fonctionner au mieux car force m’est de constater que même si je ne m’y identifie pas, elle reste le cadre principal dans lequel je « fonctionne », à l’image d’un outil pour être humain ici.

Alors oui à bien des égards, ma vie me ressemble, comme un enchaînement de causalités et d’expériences qui forment un tout, une personne. La personne que je suis.

Ultimement la vie ressemble à la vie…

Bien sûr il y a eu différentes étapes, en premier lieu la construction d’un moi, sa confrontation au monde au travers d’expériences qui m’ont permis de l’exprimer, de l’affiner, de l’épanouir, de le consolider, mais aussi de le voir se blesser, régresser, déprimer.

Ce moi a pris la forme pour ma part d’un faux self s’adaptant à son environnement dégageant progressivement les traits de ce qui me sert de personnalité. Sans doute est ce pour quoi je ne m’y suis jamais pleinement identifié. Je perçois aujourd’hui cette « identité », cette personnalité comme une fiction, une construction artificielle que je respecte mais à laquelle je ne peux plus m’identifier. Bien sûr dans certaines phases de ma vie, j’ai pu avoir l’impression de réaliser cette personnalité et dans ces phases, tout particulièrement dans les phases de succès, j’ai pu ressentir pleinement que ma vie me ressemblait.

J’en suis pourtant arrivé aujourd’hui au constat que je ne suis pas celui que j’ai longtemps cru être. Comme tout à chacun je suis le fils d’un père et d’une mère et en cela je suis leurs attentes, leurs programmations, l’objet de leur désir.

Je suis aussi le dépositaire tout à la fois d’une généalogie, d’une histoire familiale, et de l’inconscient de mes deux parents. Je suis enfin le prolongement d’un inconscient collectif.

Il m’est donc facile de réaliser que j’ai été façonné par l’extérieur, par mes géniteurs, par ma fratrie, par les autres, par le langage, par la culture, la société, et par les expériences qu’il m’a été donné de vivre.

Cet environnement a conditionné mon apprentissage de la vie et fortement influencé l’identité que je me suis créée (du moins le moi auquel je me suis longtemps, partiellement identifié).

Il m’apparaît donc que les forces des conditionnements, des identifications, de l’imitation qui est propre à l’humain sont les déterminants d’une personnalité ; ils me donnent à penser que ce que je suis véritablement aurait pris une toute autre forme dans d’autres conditions au point probablement de créer une toute autre personne, une histoire totalement différente…

Ceci étant dit, ma vie me ressemble-t-elle ?

La réponse est double : ma vie ressemble à la fois à ce que ma personnalité est parvenue à en faire et au-delà, elle ressemble à la vie.

Car aujourd’hui, une vie qui me ressemblerait serait une vie aérée de l’ego qui redeviendrait outil ici, une vie de présence à ce qui arrive, se présente dans l’instant. Non pas ce qui pourrait être, ni ce qui aurait du être ou ne pas être, mais bien ce qui est, ce qui se présente, la vie sans restriction.

Il m’arrive souvent de l’expérimenter dans la solitude ou parmi les autres et je « sais » que c’est un plus de moi que je goûte.

Cela devient alors véritablement pour moi un « art extraordinaire ». Celui la même que nous intime Jésus lorsqu’il dit: « Abandonnes TA vie et tu LA gagneras ».

C’est une aventure magnifique vers laquelle je tends désormais, devant par ailleurs fonctionner avec la personnalité qui m’est propre. Je ne la perçois pas comme un boulet pour autant…

Donc pour conclure je dirais que ma vie me ressemble doublement.

Christ-On ?

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