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Bienvenue dans mon Paradis

Posted on 8 juillet 2013 by Vida Marko

Et si, comme Bernard Werber l’a fait dans sa dernière pièce, j’allais tester la vie après la mort ?

Je suis morte. Je ne sais comment. Peut-être est-ce arrivé dans mon sommeil ? Ou aurais-je eu un accident ? Suis-je passée de vie à trépas à l’issue d’une terrible maladie ? Aucune importance. Attirée par une douce lumière, je quitte mon corps. Non sans une pointe de regret vu l’entrain avec lequel j’en ai pris soin. Sport, gommage, rasage, habillage, coiffage… Ok je me rends. Je me détache de la matière. Celle-ci est de toute façon morte, inerte, sans substance. Qu’elle retourne à la poussière alimenter la Terre, se volatiliser dans le ciel et danser avec les étoiles.

Tel un papillon de nuit, je suis la lumière. Le décor terrestre se floute, se densifie pour finalement se diluer en un tunnel sombre. C’est donc ça, le fameux tunnel si maintes fois conté par les rescapés des expériences de mort imminente. Vous savez ces gens qui nous reviennent transformés d’un coma profond, le regard allumé par leur périple. C’est la morphine, pensent l’équipe médicale et la famille. Ça lui passera. Mais je sais d’avance que je n’aurai pas affronter les regards sceptiques puisque retour il n’y a pas.

Le temps d’arriver au bout du tunnel, je me remémore ces récits qui se ressemblent tous. Si j’en crois la chronologie des faits, là bas au bout, je suis censée être accueillie par des défunts que j’ai connus et aimés. Puis mon ange gardien, étincelant d’amour et de beauté, devrait apparaître pour me conduire euh… mais au fait, où doit-il me conduire ? Qui suis-je sensée rencontrer ? Un archange quelconque ? Dieu en personne ? Ou son pendant satanique ?

La lumière s’intensifie, mais bizarrement ne m’aveugle guère. Arrivée au bout du tunnel je constate que personne ne m’attend. Je ne sais trop quoi en penser. Tout le monde s’en fiche ou tout cela n’est qu’un ramassis de conneries. Je regarde autour de moi et ne voit rien d’autre que cette lumière blanche. Belle et euphorisante, je constate avec délice qu’elle semble entrer en moi, me happer, ou disons mon ectoplasme. Mieux, elle se fond en moi si bien que je finis par ne plus rien voir de cette forme éthérée, ersatz de mon ancienne enveloppe charnelle. Désormais, je suis la lumière. Totalement dispersée, je suis ici et là-bas à la fois. Je suis partout.

Je reste indéfiniment dans cet état de tout – le temps n’existant plus dans cette dimension là – avec l’impression de ne faire qu’un avec l’univers, occupant l’espace entier, passé, présent et futur. Je ne ressens rien, juste une sensation de paix. Une sorte de point zéro. Mais le point zéro de quoi ? Où aller maintenant ? Dans quelle direction ? Pour quoi faire ? Quelle est la suite des événements ? Une décision doit être prise. Un mouvement doit avoir lieu. Le vide éprouvé jusqu’à présent doit être rempli. Logique, sinon je resterai statique et rien ne se passera. Et si rien ne se passait justement ? Resterais-je bloquée dans cet état de rien jusqu’à la fin des temps ? Je sens bien que la perception de mon identité s’est élargie ayant englobé le tout mais comme chacun sait, l’espace est composé majoritairement de vide.

Et l’esprit a horreur du vide. Il est anxiogène et c’est justement l’anxiété qui me gagne. L’anxiété, la peur. La lumière blanche dans laquelle je baignais se densifie en une couleur terne. Mon enveloppe se détache du tout lumineux pour constituer une masse sombre tournoyante sur elle-même. Je ne suis plus la lumière, je suis la peur. Une peur qui m’aspire dans un tourbillon grisâtre. Autour de moi, volent des ombres retenues par des liens produits par mon propre corps, telles de lourds déchets qui me tirent vers le bas. Mais où vont ces ombres ? Pourquoi me sont-elles attachées ?  Je regarde en bas. Sous mes pieds, un trou noir se forme, s’agrandit, m’aspirant avec force, moi et mes liens en un cyclone tournant à vive allure. Je voudrais hurler ma terreur mais un souvenir vague d’une affiche de film, Aliens, visionné lors de mon ancienne vie « dans l’espace, personne ne vous entendra crier » me commande de me taire.

Pendant ma descente, je peux apercevoir tout là-haut la lumière encore vive. L’espoir. Pourrais-je encore l’atteindre ? Oui. Je ne peux pas croire que je finirai dans un trou noir. Peut-être qu’il serait intéressant de l’explorer mais la configuration est telle que je n’ose m’y aventurer. Au fond de ce trou, la lumière serait-elle toujours visible ? Pourrais-je la gagner à tout instant et dés que je le souhaite ? Le doute s’insinue. Instantanément, la lumière pâlit et prend une forme opaque et visqueuse. Je comprends maintenant. C’est moi qui décide. Je crée ma propre réalité. Mes croyances en sont le vecteur. Si je décide de trouver cette lumière au fond du trou noir alors elle y sera, j’en suis persuadée. Je me laisse donc aspirer. Ma peur lâche sa prise en moi. Une autre émotion me gagne, plus puissant, plus prenant encore, une véritable bourrasque qui fait vibrer toutes mes cellules.

C’est la foi.

La suite dans quelques temps (relatifs)

Vida M.

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What Others Are Saying

  1. Beatrix 11 juillet 2013 at 18 h 14 min

    Et le paradis, tu le visites bientôt ? Est ce une question de foi aussi ?

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